Monafrolibre

Là où la douceur capillaire devient une tradition familiale, une tradition qui lie mère et fille

Révélations et Rédemptions

La nuit était tombée sur le village, une nuit emplie d’étoiles scintillantes et d’un silence paisible. Dans leur demeure, Nka’a et Mensa se préparèrent à révéler à leur fille retrouvée la vérité derrière la misère qui avait frappé leur communauté.

Ils s’assirent autour de la table, la flamme vacillante de la bougie projetant des ombres dansantes sur les murs. Meliah, attentive, observait ses parents, sentant la gravité du moment.

 

Nka’a prit une profonde inspiration et commença, sa voix tremblante d’émotion. “Il y a bien longtemps, Meliah, une femme vivait parmi nous. Elle était reconnue pour sa beauté exceptionnelle et son esprit indépendant. Mais son désir de liberté l’a poussée à braver nos traditions les plus sacrées.”

Mensa, les yeux emplis de tristesse, poursuivit l’histoire. “Elle a choisi de dénaturer ses cheveux crépus, rejetant ainsi le don que la nature nous avait fait. Cet acte de rébellion a bouleversé l’équilibre de notre communauté et a conduit à son bannissement.”

Nka’a, les larmes aux yeux, reprit la parole. “Mais son histoire ne s’est pas terminée là. Emplie de rancœur et de douleur, elle a trouvé refuge dans l’obscurité, se tournant vers des forces anciennes et interdites. Elle est devenue une sorcière puissante, nourrie par un désir de vengeance envers ceux qu’elle considérait comme responsables de son exil.”

Meliah écoutait, captivée et horrifiée par le récit. “Une nuit, sous le couvert des ténèbres, elle est revenue,” dit Mensa, sa voix s’assombrissant. “Elle a lancé un sortilège cruel sur le village, nous dépouillant de nos cheveux crépus, le symbole même de notre identité et de notre lien avec la terre.”

“Au lever du jour, nous avons découvert l’ampleur de la tragédie,” continua Nka’a. “Notre village était méconnaissable, et avec la perte de nos cheveux, la terre elle-même s’est rebellée contre nous. Les rivières se sont asséchées, les champs sont devenus stériles, et un désespoir profond s’est abattu sur nous tous.”

Meliah écoutait, les larmes aux yeux, réalisant l’ampleur du drame qui avait frappé son village natal. “C’est ainsi que notre village, autrefois si prospère et vivant, a sombré dans la misère et la sécheresse,” conclut Nka’a.

La jeune femme, touchée par le récit de ses parents, ressentit un mélange de peine pour les souffrances endurées par son peuple et de détermination à aider à réparer les torts causés par la sorcière. Dans son cœur, une flamme d’espoir et de résilience s’alluma, la poussant à chercher un moyen de briser la malédiction et de restaurer la prospérité perdue de son village.

Un jour, poussée par un profond désir de renouer avec son passé et de comprendre l’origine des souffrances de son peuple, Meliah exprima le souhait de visiter le marigot désormais asséché. Ce lieu, autrefois plein de vie, était un sanctuaire de souvenirs joyeux de son enfance, un endroit où elle avait jadis joué et ri sous le soleil éclatant.

Accompagnée de Nka’a, Meliah se dirigea vers le marigot. Tout au long de leur chemin, elles évoquèrent des souvenirs heureux, des moments de complicité mère-fille qui semblaient appartenir à une autre vie. Leurs voix, mêlées de rire et de mélancolie, s’élevaient dans l’air, créant un fil d’espoir dans le tissu de leur chagrin.

Arrivées au marigot, elles furent confrontées à une scène de désolation : le lit autrefois grouillant de vie était désormais sec et craquelé, un symbole poignant de la malédiction qui avait frappé le village. Mais alors que Meliah s’approcha, un changement extraordinaire commença à se manifester.

Sa présence, telle une clé magique, sembla déverrouiller un ancien sort. Les oiseaux, attirés par une énergie invisible, commencèrent à se rassembler, chantant des mélodies oubliées. Les poissons, émergeant de cachettes secrètes sous la terre, réapparurent, frétillant joyeusement dans l’eau qui commença miraculeusement à remplir le marigot asséché. La nature elle-même semblait répondre à l’appel silencieux de Meliah, son essence réanimant l’esprit endormi de la terre.

Les cheveux crépus de Meliah, symboles de force et de connexion avec les ancêtres, rayonnaient d’une énergie vitale. Ils étaient le rappel vivant d’un lien oublié, une promesse de résilience et de renouveau. Sous leurs yeux ébahis, le marigot reprenait vie, comme si la terre reconnaissait et saluait la fille perdue revenue au sein de sa famille.

Le village, témoin de ce miracle, comprit la leçon profonde cachée derrière leur épreuve. Bien que la restauration complète de leurs cheveux crépus fût impossible, un nouvel esprit d’acceptation et de respect pour leur héritage ancestral s’éveilla. La pluie, timide au début, commença à tomber, humectant la terre assoiffée, et avec elle, la promesse d’un renouveau.

La guérison du marigot symbolisait un fragile équilibre retrouvé, un équilibre entre le respect de la nature et l’acceptation de leur véritable identité. Les villageois apprirent que même dans l’obscurité la plus profonde, c’est en honorant et chérissant leur essence véritable qu’ils pouvaient renouer avec la magie et la générosité de la terre. Le mystère de leurs cheveux crépus, autrefois source de leur abondance, restait gravé dans leur mémoire comme un rappel éternel de la nécessité de préserver leur authenticité, le fondement de leur unité et de leur prospérité.

 

-Ceci est purement le fruit de l’imagination