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Là où la douceur capillaire devient une tradition familiale, une tradition qui lie mère et fille

Les Cheveux de la Terre : Le Secret de Meliah- L'Éveil de la Malédiction

Dans un royaume lointain, dissimulé derrière des collines ondulantes et des forêts murmures, se trouvait un village prospère, uni par des liens d’harmonie avec la nature. Les habitants de ce village partageaient une caractéristique remarquable : de magnifiques cheveux crépus, source de leur force et symbole de leur connexion sacrée avec la terre.

 

 

Autrefois parmi les siens, une femme du village, connue pour sa beauté et son esprit indépendant, avait osé dénaturer ses cheveux crépus, bravant les traditions ancestrales. Son acte rebelle avait conduit à son bannissement, un cœur empli de rancœur et de douleur. Dans son exil, elle se tourna vers des forces obscures, devenant une sorcière puissante, nourrie par le désir de vengeance.

Des années plus tard, sous le voile de la nuit, elle revint au village, lançant un sortilège cruel qui dépouilla tous les habitants de leurs cheveux crépus. À l’aube, le village se réveilla méconnaissable, chaque tête aussi lisse que la pierre. Avec la perte de leurs cheveux, la terre elle-même se rebella : les rivières s’asséchèrent, les récoltes échouèrent, et un voile de désespoir s’abattit sur le village.

Dans le village assombri par la malédiction, la vie semblait s’être arrêtée, chaque jour étant une répétition des peines et des pertes passées. Mais ce jour-là, alors que le soleil commençait doucement à se coucher, teintant le ciel de nuances orangées, un événement extraordinaire se produisit.

Une silhouette se dessina à l’horizon, marchant d’un pas déterminé vers le cœur du village. C’était Meliah, une jeune femme dont les cheveux crépus ondulaient magnifiquement au rythme de ses pas, tel un étendard de fierté et de résilience. Les villageois, habitués à la morosité, s’arrêtèrent pour l’observer, intrigués et émus par cette vision.

Parmi eux se trouvait Nka’a, une femme d’une élégance mûre, dont les yeux brillaient d’une lumière faite de souvenirs et d’espoirs inavoués. Elle fixait l’étrangère avec une intensité particulière, attirée par la beauté sauvage et naturelle de sa chevelure. Quelque chose en Meliah réveillait en elle un souvenir profondément enfoui, une connexion presque oubliée.

Soudain, son cœur s’emballa. Elle reconnaissait cette chevelure, ces boucles crépues qui avaient jadis dansé au vent dans son propre jardin. “Meliah ?”, murmura-t-elle, sa voix tremblante d’émotion, craignant presque que sa mémoire lui joue des tours.

Meliah, sentant l’intensité du regard posé sur elle, se tourna vers Nka’a. Leurs yeux se rencontrèrent, et un frisson d’intuition parcourut son être. Elle avança vers Nka’a, chaque pas la rapprochant d’une vérité depuis longtemps perdue.

Nka’a, les larmes aux yeux, fit un pas incertain vers l’avant, son regard plongé dans celui de Meliah. Dans un souffle, elle répéta le nom, “Meliah ?”, comme si elle redoutait que ce ne soit qu’un mirage.

Avec des larmes de reconnaissance, Meliah répondit dans un murmure, “Maman ?”, et se précipita dans les bras ouverts de Nka’a.

Les deux femmes s’étreignirent dans une étreinte empreinte d’années de séparation et d’amour inaltéré. Les larmes qui coulaient sur leurs joues étaient un mélange de chagrin pour les années perdues et de joie pour les retrouvailles. Autour d’elles, les villageois assistaient, émus, à ce moment de réunion miraculeuse.

Ce fut la magnifique chevelure crépue de Meliah qui avait guidé Nka’a vers la vérité, un lien visuel et émotionnel incontestable avec sa fille perdue. Dans cette scène poignante, le village tout entier comprit qu’en dépit des épreuves et des distances, les liens de l’amour familial ne s’effacent jamais.

Après ce moment de retrouvailles bouleversantes, Nka’a, encore sous le choc de l’émotion et du bonheur inattendu, se précipita vers la demeure où Mensa, son époux, s’affairait à réparer un vieux meuble, un vestige de jours plus heureux. Le soleil, s’abaissant à l’horizon, jetait ses derniers rayons à travers la fenêtre, enveloppant la pièce d’une lumière dorée.

Nka’a entra, le souffle court, les yeux encore humides de larmes. Mensa, sentant l’urgence dans ses pas, se redressa immédiatement, son regard interrogateur. “Qu’est-ce qui se passe, Nka’a ?” demanda-t-il, sa voix teintée d’inquiétude.

Nka’a s’approcha, ses mains tremblantes cherchant les siennes. “Mensa,” commença-t-elle, sa voix un mélange de joie et de peine, “elle est revenue. Notre Meliah est revenue.”

Mensa, les yeux écarquillés, laissa tomber l’outil qu’il tenait. “Meliah ? Notre fille ?” balbutia-t-il, l’incrédulité se mêlant à l’espoir dans son expression.

Nka’a acquiesça, les larmes débordant à nouveau. “Je l’ai vue, Mensa. Ses cheveux, ses yeux… c’est elle. C’est notre fille.”

Mensa, submergé par l’émotion, se précipita hors de la maison, Nka’a sur ses talons. À l’extérieur, le village était rassemblé autour de Meliah, observant avec émerveillement la jeune femme qui avait été arrachée à leur monde tant d’années auparavant.

En s’approchant, Mensa aperçut Meliah, sa silhouette se détachant contre le ciel orangé du crépuscule. Il s’arrêta, son cœur battant à tout rompre, dévorant du regard celle qu’il n’avait pas vue depuis son enfance.

Meliah se tourna vers lui, ses yeux reflétant la même reconnaissance et le même amour qu’il avait vu chez Nka’a. Mensa, sans un mot, ouvrit grand ses bras. Meliah s’élança vers lui, et ils s’étreignirent dans une étreinte qui semblait réparer les années de séparation.

Les villageois, témoins de ce moment de réunification familiale, sentirent un mélange de joie et de mélancolie. Le retour de Meliah n’était pas seulement un miracle personnel pour sa famille, mais un symbole pour tout le village.

 

Dans cette étreinte, sous le ciel devenant sombre, une nouvelle ère commença pour le village. Une ère où le passé et le présent se fusionnaient, où la perte faisait place à la retrouvaille, et où l’amour familial dépassait les épreuves du temps.

Alors que le premier chapitre de notre récit se refermait sur des images paisibles du village, un vent de mystère commençait à souffler, annonçant une nuit qui allait changer à jamais le destin de Meliah, une nuit où les étoiles semblaient retenir leur souffle, prélude à sa mystérieuse disparition.